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Aéroclub Paul-Louis Weiller

Jumelé avec l'association des Pilotes de l'Aéroclub de France  
Naissance de l'Association Aérienne Des Handicapes Physiques...

Parmi les adhérents de cette époque, rares sont ceux qui fêteront ce trentenaire. Certains ne sont plus de ce monde, comme Raymond FINCK, décédé d'une crise cardiaque en 2001. Heureusement, il y en a un ou deux qui répondent toujours présent à l'appel : il s'agit de François THIBAULT et d'une de nos aviatrices les plus assidues, Claude SENECHAL.

C'était un groupe de passionnés qui se retrouvaient sur le terrain des Mureaux autant que possible pour s'adonner à leur activité favorite. Ils y passaient des jours, des nuits et avaient même pris l'habitude de dormir sur place le plus souvent.

A cette époque là, les locaux se trouvaient en bordure de Seine, près de la zone militaire, à l'endroit même où l'aérospatiale, devenue EADS, a construit des bâtiments pour l'assemblage de ses lanceurs ARIANE.

Voler, c'était leur passion et c'est ce qu'ils ont pu faire au tout début avec l'équipement de Bernard MORIN. Mais le prêt de l'avion ne pouvait être indéfini dans le temps et le propriétaire a fini par le réclamer.

L'association aérienne n'avait plus d'aérien que le nom. Il fallait absolument trouver un autre avion sinon c'en serait fini de leur rêves.

L'association fit l'acquisition d'un rallye SOCATA motorisé par un quatre cylindres lycoming de 120 chevaux. Il était immatriculé F-BTRB.

N'oublions pas que nous sommes au début des années soixante dix et qu'il est parfaitement interdit à un handicapé de prendre les commandes d'un avion. A force de négociations avec la DGAC, celle ci accepte le principe qu'un handicapé puisse faire du "vol accompagné" ou "vol promenade".

Pour cela, le commandant de bord, valide, doit obligatoirement se trouver à gauche et le passager handicapé en place droite.

C'est ainsi que cet avion fut équipé de façon à ce qu'un pilote handicapé puisse prendre les commandes en place droite. Tous les instruments furent également transférés afin que l'élève n'ait pas de difficultés à contrôler les paramètres de vol.

Aménagement du F-BTRB

Il ne restait plus qu'à faire le forcing pour obtenir une dérogation afin de pouvoir se présenter au brevet de pilote...

Quelques coupures de presse de cette époque témoignent du combat que menaient ces "pionniers" pour obtenir des dérogations. Certains passaient leur temps à arpenter les couloirs des ministères alors que d'autres utilisaient des méthodes plus radicales.

En signe de protestation, André CREPY avait décidé de faire la grève de la faim. Le conflit fut médiatisé et de nombreuses photos de lui furent diffusées dans la presse. On le voyait allongé dans un lit, couvert jusqu'au menton en attendant que la maladie ou la mort aient raison de son corps. Tous les moyens semblaient bons pour obtenir satisfaction.

Cette affaire avait déjà fait beaucoup de bruit et certains "politiques" s'en étaient émus. Enfin, en 1976, les handicapés finirent par obtenir satisfaction. Une circulaire qu'on appelle communément "CAVAILLE", du nom de son auteur, allait permettre à ceux qui ne peuvent pas marcher de pouvoir voler seuls.

Cette circulaire permettait d'accorder une dérogation médicale à tout handicapé, principalement des membres inférieurs, faisant la preuve qu'il pouvait monter et descendre de l'avion par ses propres moyens.

Désormais, les handicapés allaient pouvoir voler en toute légalité mais avec une restriction toutefois : il leur était interdit d'emporter des passagers.

Cette disposition sera maintenue pendant neuf ans et ce n'est qu'en 1985 qu'une modification de cette fameuse circulaire permettra aux pilotes handicapés d'emporter des passagers et de devenir ainsi des pilotes à part entière, ayant les mêmes devoirs et jouissant des mêmes prérogatives que les pilotes valides.


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